La plus value immobiliere 2026 demeure l’un des sujets fiscaux les plus déterminants pour tout propriétaire qui envisage de vendre un bien autre que sa résidence principale. Entre le calcul de l’assiette imposable, les abattements pour durée de détention, les taux applicables et les nombreux cas d’exonération, la matière peut sembler complexe. Pourtant, en maîtrisant les règles en vigueur cette année, vous pouvez anticiper précisément le montant dû, voire l’effacer totalement et légalement. Ce guide complet et à jour vous explique, étape par étape, comment fonctionne cette fiscalité, quels sont les barèmes officiels et comment optimiser votre situation avant de signer chez le notaire.
Mis à jour le 22 juin 2026

Qu’est-ce que la plus-value immobilière en 2026 ?
La plus-value immobilière est le gain réalisé lors de la vente d’un bien, égal à la différence entre le prix de cession et le prix d’acquisition. En 2026, elle est imposable à l’impôt sur le revenu et aux prélèvements sociaux, sauf exonération, notamment pour la résidence principale.
Cette imposition vise principalement les opérations suivantes :
- la vente d’une résidence secondaire ;
- la cession d’un logement locatif ou d’un local commercial ;
- la vente d’un terrain à bâtir ou non bâti ;
- la cession de parts de sociétés immobilières (SCI à l’impôt sur le revenu, parts de SCPI) ;
- la vente d’un bien reçu par donation ou succession.
Le tableau ci-dessous résume les paramètres essentiels de la fiscalité applicable en 2026, que nous détaillons ensuite point par point.
| Paramètre | Valeur 2026 |
|---|---|
| Taux d’impôt sur le revenu | 19 % |
| Taux des prélèvements sociaux | 17,2 % |
| Taux global (hors surtaxe) | 36,2 % |
| Surtaxe (plus-value nette > 50 000 €) | 2 % à 6 % |
| Exonération totale d’impôt sur le revenu | après 22 ans de détention |
| Exonération totale des prélèvements sociaux | après 30 ans de détention |
| Résidence principale | exonérée sans condition de durée |
Comment calculer sa plus-value immobilière ?
Le calcul se déroule en plusieurs étapes. On détermine d’abord la plus-value brute, puis on applique les abattements pour durée de détention afin d’obtenir la plus-value nette imposable, sur laquelle s’appliquent enfin les taux. La formule de base est la suivante :
- Plus-value brute = prix de cession corrigé − prix d’acquisition corrigé ;
- Plus-value imposable = plus-value brute − abattements pour durée de détention ;
- Impôt total = (plus-value imposable × 36,2 %) + surtaxe éventuelle.
Chacun de ces deux prix peut être corrigé à la hausse ou à la baisse par des frais et forfaits que l’administration autorise. Bien renseigner ces éléments est essentiel : une majoration oubliée gonfle artificiellement votre gain et donc votre impôt.
Le prix de cession : quels frais déduire ?
Le prix de cession correspond au prix de vente mentionné dans l’acte notarié. Il peut être diminué de certains frais supportés par le vendeur, à condition de pouvoir les justifier. Sont notamment déductibles les frais liés à la mainlevée d’hypothèque, les honoraires de l’agence immobilière lorsqu’ils sont à la charge du vendeur, ainsi que le coût des diagnostics immobiliers obligatoires (DPE, amiante, plomb, etc.).
À l’inverse, le prix de cession est augmenté des charges et indemnités versées par l’acheteur au vendeur. L’objectif est de refléter le prix réellement encaissé par le vendeur.
Le prix d’acquisition : forfaits travaux et frais
Le prix d’acquisition est le prix payé lors de l’achat initial, ou la valeur déclarée en cas de donation ou de succession. Il peut être majoré de deux façons très avantageuses :
- Frais d’acquisition : vous pouvez retenir leur montant réel (droits d’enregistrement, émoluments du notaire) ou appliquer un forfait de 7,5 % du prix d’achat, sans justificatif. Pour comprendre le détail de ces frais, consultez notre guide sur les frais de notaire.
- Travaux : les dépenses de construction, reconstruction, agrandissement ou amélioration sont ajoutées sur facture. Si vous détenez le bien depuis plus de cinq ans, vous pouvez sinon retenir un forfait de 15 % du prix d’achat, même sans facture.
Ces majorations réduisent mécaniquement la plus-value brute. Pour un bien ancien détenu de longue date, le cumul du forfait de 7,5 % et du forfait travaux de 15 % allège sensiblement l’assiette imposable.

Quels taux d’imposition s’appliquent en 2026 ?
La plus-value nette imposable est soumise à deux prélèvements distincts. D’une part, l’impôt sur le revenu au taux forfaitaire de 19 %. D’autre part, les prélèvements sociaux au taux global de 17,2 % (CSG, CRDS, prélèvement de solidarité). Le taux d’imposition cumulé atteint donc 36,2 % de la plus-value nette, avant application de l’éventuelle surtaxe. Ces taux sont confirmés par le service public et par l’administration fiscale.
Point essentiel : l’abattement pour durée de détention n’est pas le même pour l’impôt sur le revenu et pour les prélèvements sociaux. Une plus-value peut donc être totalement exonérée d’impôt sur le revenu tout en restant soumise aux prélèvements sociaux pendant plusieurs années supplémentaires.
La surtaxe sur les plus-values supérieures à 50 000 €
Lorsque la plus-value nette imposable (après abattements) dépasse 50 000 € par vendeur, une surtaxe progressive s’ajoute au taux de 36,2 %. Son taux varie de 2 % à 6 % selon l’importance du gain, et s’applique aux cessions de biens autres que les terrains à bâtir. La résidence principale, étant exonérée, n’est jamais concernée par cette surtaxe.
Le barème étant progressif et comportant des mécanismes de lissage, il est prudent, pour les plus-values élevées, de demander au notaire une simulation précise avant la signature.
L’abattement pour durée de détention
Plus vous détenez votre bien longtemps, moins vous payez d’impôt. C’est le principe de l’abattement pour durée de détention, qui suit deux barèmes distincts. Pour l’impôt sur le revenu, l’abattement est de 6 % par an de la 6e à la 21e année de détention, puis de 4 % pour la 22e année : l’exonération est totale au-delà de 22 ans.
Pour les prélèvements sociaux, le rythme est plus lent : 1,65 % par an de la 6e à la 21e année, 1,60 % pour la 22e année, puis 9 % par an de la 23e à la 30e année. L’exonération complète des prélèvements sociaux n’intervient donc qu’après 30 ans de détention. Aucun abattement ne s’applique durant les cinq premières années. Ces barèmes officiels sont détaillés sur impots.gouv.fr.
L’exonération de la résidence principale
C’est l’exonération la plus connue et la plus large : la vente de votre résidence principale est totalement exonérée de plus-value immobilière, sans aucune condition de durée de détention. Le logement doit simplement constituer votre résidence habituelle et effective au jour de la cession.
Une tolérance existe en cas de déménagement avant la vente : l’exonération est maintenue si le bien est cédé dans un délai normal, généralement estimé à un an, à condition qu’il soit resté inoccupé pendant cette période. Les dépendances immédiates et nécessaires (garage, cour, jardin) vendues en même temps bénéficient de la même exonération.
La résidence principale sera-t-elle taxée en 2026 ?
La question a beaucoup circulé fin 2025. Lors de l’examen du budget 2026, un amendement proposait de conditionner l’exonération de la résidence principale à une durée minimale d’occupation, afin de freiner les reventes spéculatives rapides. Cet amendement n’a finalement pas été retenu dans le texte adopté.
En 2026, la vente de la résidence principale reste donc exonérée sans condition de durée, conformément au régime historique. Il convient toutefois de rester attentif aux prochaines lois de finances, ce type de mesure étant régulièrement débattu. En l’état du droit, aucune durée d’occupation minimale ni justificatif n’est exigé.
Les autres cas d’exonération
Au-delà de la résidence principale et de la durée de détention, plusieurs situations ouvrent droit à une exonération totale ou partielle :
- Cession de faible valeur : exonération totale lorsque le prix de cession est inférieur ou égal à 15 000 € (seuil apprécié par vendeur) ;
- Première cession d’un logement autre que la résidence principale, sous condition de remploi du prix pour acquérir ou construire sa résidence principale dans les 24 mois ;
- Personnes âgées ou handicapées résidant en établissement spécialisé, sous conditions de ressources ;
- Titulaires d’une pension de retraite aux revenus modestes, sous conditions ;
- Expropriation avec remploi de l’indemnité, ou cession au profit d’un organisme de logement social.
Chaque dispositif obéit à des conditions précises ; un notaire ou un conseiller fiscal vérifiera votre éligibilité au moment de la vente.

Comment déclarer sa plus-value immobilière ?
Bonne nouvelle : vous n’avez en principe aucune démarche spontanée à effectuer. C’est le notaire qui calcule la plus-value, établit l’imprimé fiscal 2048-IMM et prélève directement l’impôt sur le prix de vente le jour de la signature. Le produit net vous est ensuite reversé.
Vous devez néanmoins reporter le montant de la plus-value imposable sur votre déclaration de revenus de l’année suivante (formulaire 2042-C), afin qu’elle soit prise en compte dans le calcul du revenu fiscal de référence. En cas d’exonération totale, aucune mention n’est nécessaire, sauf cas particulier signalé par le notaire.
Exemple chiffré de calcul en 2026
Prenons un appartement locatif acheté 200 000 € il y a 12 ans et revendu 320 000 €. Le prix d’acquisition est majoré du forfait frais (7,5 % = 15 000 €) et du forfait travaux (15 % = 30 000 €), soit un prix d’acquisition corrigé de 245 000 €.
La plus-value brute s’élève à 320 000 − 245 000 = 75 000 €. Après 12 ans de détention, l’abattement pour l’impôt sur le revenu est de 6 % × 7 années (de la 6e à la 12e), soit 42 % : la base imposable à l’impôt sur le revenu est de 43 500 €, taxée à 19 % = 8 265 €. Pour les prélèvements sociaux, l’abattement de 1,65 % × 7 = 11,55 % laisse une base de 66 338 €, taxée à 17,2 % = 11 410 €. La plus-value nette restant sous 50 000 €, aucune surtaxe ne s’applique. L’impôt total avoisine donc 19 675 €. Cet exemple est indicatif : seul le notaire produit le calcul officiel.
Comment réduire légalement sa plus-value ?
Plusieurs leviers parfaitement légaux permettent d’alléger la facture :
- Conserver le bien plus longtemps pour franchir les seuils d’abattement (22 et 30 ans) ;
- Justifier tous les travaux par des factures d’entreprises, lorsqu’ils dépassent le forfait de 15 % ;
- Déduire l’ensemble des frais de cession (diagnostics, mainlevée, agence) ;
- Étaler ou fractionner une vente importante pour rester sous le seuil de surtaxe ;
- Vérifier l’éligibilité aux exonérations spécifiques (faible valeur, remploi, retraite).
Anticiper ces paramètres plusieurs mois avant la mise en vente reste la meilleure stratégie pour optimiser votre fiscalité immobilière en toute légalité.
Vidéo : pour aller plus loin
Pour visualiser concrètement le mécanisme expliqué par un professionnel du droit, regardez cette vidéo pédagogique consacrée à la plus-value immobilière :
FAQ : plus-value immobilière 2026
Comment est calculée la plus-value immobilière en 2026 ?
La plus-value brute correspond à la différence entre le prix de cession corrigé et le prix d’acquisition corrigé. Ce dernier est majoré d’un forfait de 7,5 % pour les frais d’acquisition et, après cinq ans de détention, d’un forfait de 15 % pour travaux. On applique ensuite les abattements pour durée de détention afin d’obtenir la plus-value nette imposable, taxée au total à 36,2 %.
Quel est le taux d’imposition de la plus-value immobilière ?
Le taux global est de 36,2 %, composé de 19 % au titre de l’impôt sur le revenu et de 17,2 % au titre des prélèvements sociaux. Pour les plus-values nettes supérieures à 50 000 € par vendeur, une surtaxe progressive de 2 % à 6 % vient s’ajouter. La résidence principale, exonérée, échappe à toute imposition.
Au bout de combien d’années n’y a-t-il plus de plus-value à payer ?
L’exonération d’impôt sur le revenu est totale après 22 ans de détention, grâce à un abattement de 6 % par an de la 6e à la 21e année puis de 4 % la 22e année. Pour les prélèvements sociaux, l’exonération complète n’est atteinte qu’après 30 ans, l’abattement progressant plus lentement. Aucun abattement ne s’applique avant la sixième année.
La vente de la résidence principale est-elle taxée en 2026 ?
Non. La vente de la résidence principale reste totalement exonérée de plus-value immobilière en 2026, sans condition de durée de détention. L’amendement débattu lors du budget 2026, qui visait à conditionner cette exonération à une durée minimale d’occupation, n’a pas été retenu. Le logement doit simplement être votre résidence effective au jour de la vente.
Qu’est-ce que la surtaxe sur les plus-values immobilières ?
La surtaxe est un impôt additionnel qui s’applique lorsque la plus-value nette imposable dépasse 50 000 € par vendeur. Son taux progressif varie de 2 % à 6 % selon le montant du gain. Elle concerne les cessions de biens autres que les terrains à bâtir et ne s’applique jamais à la résidence principale.
Peut-on être exonéré de plus-value sur une résidence secondaire ?
Oui, dans plusieurs cas. L’exonération est totale après 30 ans de détention, ou lors de la première cession d’un logement autre que la résidence principale sous condition de remploi pour acquérir sa résidence principale. Une cession dont le prix n’excède pas 15 000 € est également exonérée. Certaines situations (retraite modeste, dépendance) ouvrent aussi droit à exonération.



